Février 2012
Les pouvoirs du cœur !
En ce mois de la Saint-Valentin, permettez-moi de vous raconter une histoire de cœur. Comme bien d’autres histoires elle commence par ; il était une fois un prince… Mais ne vous y trompez pas, car il ne s’agit pas d’un conte de fées, mais d’une histoire vraie qui confirme bien le vieil adage ; tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! Cette histoire est celle de Prince, un valeureux cheval belge qui voulait vivre par‑dessus tout et de Lise et Nancy qui, grâce aux pouvoirs du cœur, ont su lui accorder cette chance.
Contraint de partir au loin pour cause de maladie, le maître de Prince dut se résigner à le confier à un fermier qui pourrait en prendre soin jusqu’à son retour. Le maître partit et le fermier plaça Prince dans un beau grand champ. Tout allait bien jusque-là. Prince passait ses journées à brouter l’herbe et à se faire chauffer au soleil. Puis l’automne arriva ainsi que les problèmes. Le fermier jugea que Prince disposait d’une trop grande liberté et l’enferma dans la grange. Prince n’aimait pas demeurer à l’intérieur et demandait sans cesse à sortir, alors le fermier l’attacha dans un ¨entre-deux¨. Mais l’étable avait été conçue pour des vaches et non pour des chevaux de la taille de Prince. Le pauvre qui avait toujours les pieds dans le dalot y était inconfortable. Comme Prince n’avait plus accès à son pâturage, le fermier se devait de le nourrir. Ça fait bien deux ou trois ans que je n’ai plus d’animaux se dit le fermier, mais le foin qui me reste doit être encore bon pensa t’il. Pauvre Prince, pas de bon foin, attaché dans un entre-deux trop petit pour lui, pas de place pour mettre ses pieds, il ne peut y avoir pire ! Hélas, il y a pire. Arrive l’hiver et comme la grange n’est pas chauffée, l’eau gèle. Le fermier apporte à Prince un seau d’eau par jour, mais c’est bien loin d’être suffisant pour un cheval belge. Peu à peu, le fermier délaisse l’entretien quotidien et la situation s’empire. Prince commence à maigrir et s’affaiblit de jour en jour.
Au bout d’un certain temps, le maître de Prince revient et constate dans quel piteux état est son cheval. Découragé et ne sachant que faire, il appelle Lise. Il sait qu’elle a une ferme et que les animaux y sont heureux. Lise refuse d’aller le voir, car elle se sait le cœur sensible et ne peut supporter la vue d’un animal souffrant. Elle lui conseille donc de faire appel à un vétérinaire qui pourra abréger les souffrances du pauvre animal. Devant l’insistance du maître qui ne peut se résoudre à faire tuer son cheval, Lise demande à deux de ses amies d’aller voir la brave bête et de lui faire part de la situation. Elles reviennent en lui disant : «Nous n’avons jamais vu un animal en si mauvais état. Certes l’endormir serait le délivrer de ses souffrances, mais dans ses yeux nous avons vu une telle volonté de vivre ! Il faut absolument que tu viennes le voir». Sur ce, Lise se rend voir Prince. Au premier regard Lise a perçu l’étincelle dans les yeux de Prince. Elle a bien compris qu’il avait le goût de vivre et décida d’essayer de le sauver malgré le sombre pronostic du vétérinaire. Prince est déshydraté et n’a plus de masse musculaire. Ses sabots sont pourris et il a des poux de la tête aux pieds. Ses os n’ont plus de calcium et ses pattes de derrière ne fonctionnent plus normalement et de plus, il est vieux. Lise décide quand même de l’emmener chez elle et de lui offrir sa chance.
Ce jour fut déterminant dans la vie de Prince. Non seulement il changeait de maître et de logis, mais le destin plaça sur sa route une bonne fée nommée Nancy. Celle-ci en était à sa première journée de travail chez Lise. Dès qu’elle aperçut Prince, elle vit dans ses yeux tant d’amour et de douceur qu’elle le trouva beau et ce, malgré sa maigreur et son poil terne. Ce fut le début d’une longue histoire d’amour entre Prince et Nancy. Autant Nancy fut une fée pour Prince, autant Prince fut un ange pour Nancy, car à cette époque Nancy vivait durement le deuil de son père et sa vie n’avait plus beaucoup de couleur. Le coup de foudre fut plus qu’évident. Deux êtres vivants ayant besoin d’être sauvé l’un et l’autre venaient de se rencontrer et d’une certaine façon allait s’aider mutuellement à traverser de dures épreuves.
Je ne vous ai pas raconté combien, le chemin vers la guérison fut difficile. Cependant, les efforts n’ont pas été vains, car Prince augmenta son poids de 500 livres et son état s’améliora de jour en jour. Il pouvait enfin galoper et ¨bronquer¨ aisément dans le paddock et terminer heureux sa vie de cheval. Arrivé au bout de sa route, Prince s’est éteint doucement chez lui. C’est grâce aux pouvoirs du cœur que Lise et Nancy ont sauvé ce cheval et pour elles, chaque année passée avec leur beau Prince fut un véritable cadeau de la vie.
Sylviane Gagné
Club des Cavaliers de Ste-Catherine
Décembre 2011
Chevaux et légendes

Depuis la première fois qu’il a posé ses yeux sur lui, le cheval a fasciné l’homme. De par le monde entier sont nés contes et légendes que le cheval a inspiré par sa force, sa grâce et sa beauté. Qui d’entre nous n’a pas dans ses souvenirs d’enfance une licorne qui caracole, un cheval ailé aussi rapide que le vent, ou bien un destrier fantastique doué de pouvoirs exceptionnels? Le cheval et le rêve sont deux mondes qui s’unissent parfaitement pour créer les plus fantastiques légendes. Ces contes qui naissent un peu comme les poulains, sans bruits et à la lueur de la lune.
Bien qu’elle origine du Québec, on n’entend presque plus parler de nos jours, de la légende des chevaux lutinés. Eh bien, en ce temps des fêtes, moment propice au rêve et à l’imaginaire, permettez-moi de vous raconter cette légende de chez nous.
Il paraît qu’autrefois, deux chasseurs de canards qui s’étaient attardés le soir auraient vu passer à l’épouvante des chevaux montés par des lutins. En effet, ces petits êtres qui aimaient beaucoup les chevaux se faufilaient dans les écuries à la nuit tombée. Ils passaient de longues heures à lustrer le poil des chevaux et à tresser leur crinière. Les tresses étaient tellement fines et serrées qu’il était difficile de les défaire par la suite. Les lutins, du fait de leur petite taille, s’en servaient comme étriers pour monter sur le dos des chevaux. Ainsi agrippés, ils chevauchaient follement toute la nuit et au matin venu, ils nourrissaient les chevaux d’un plat d’avoine chaude pour que ces derniers reprennent leurs forces. On raconte que les chevaux ainsi tressés étaient fort estimés et on les vendait très cher, car ils avaient été choisis par les lutins pour leur vaillance et leur rapidité. Selon la croyance, si on détresse la crinière d’un cheval lutiné, il maigrit et tombe malade. Mais si on ne le détresse pas, il devient bien beau et bien gras. Alors, si par un bon matin vous apercevez quelques tresses à la crinière d’un cheval, dites-vous bien que les lutins ne sont pas loin!
En cette période des fêtes, le Club des Cavaliers de Ste-Catherine souhaite à chacun, un joyeux Noël rempli de paix, d’amour, de joie, et tient à remercier par la même occasion, tous ses membres, les propriétaires terriens ainsi que tous ses bénévoles du soutien apporté tout au long de l’année.
Sans vous, rien ne serait possible.!
Sylviane Gagné
Club des Cavaliers de Ste-Catherine
Octobre 2011
Ce texte est l’histoire d’un ami, c’est en partie la mienne et c’est peut-être aussi la vôtre ou celle d’une personne que vous connaissez. C’est l’histoire de l’accomplissement d’un rêve caressé par plusieurs d’entre nous :
l’achat d’un premier cheval.
À la rencontre de Tigalo
Vous vous demandez c’est qui Tigalo? Eh bien c’est mon copain. Nous nous connaissons depuis des années et ensemble nous avons parcouru des milliers de kilomètres. Je me souviens du jour où nous nous sommes rencontrés. En ce temps-là moi j’étais un débutant, mais pas Tigalo ! Lui il avait de l’expérience et plus d’un tour dans son sac.
Depuis longtemps je rêvais d’avoir un cheval et le temps était venu. Fallait simplement trouver le bon. Simplement vous dites ? Pas si simple que ça quand on est un débutant. D’abord, on fait comment pour acheter un cheval ? Il y en a des petits, des gros, des grands, des bruns, des noirs, des blancs, des vieux, des jeunes, des juments, des hongres et aussi des étalons . Il y a de quoi s’y perdre à la fin !!!
La meilleure façon paraît-il, c’est de se faire conseiller par quelqu’un qui connaît ça. Aussitôt dit, aussitôt fait. Pour être certain de mon coup, j’ai consulté plein de gens et me voilà plein de conseils. Achète un quater-horse c’est versatile, prends un appaloosa il a le pied sûr, choisi un arabe c’est résistant, cherche un canadien c’est fort. Ne le prends pas blanc c’est salissant, ni noir c’est poussiéreux, et sorel c’est pas assez original. Achète une jument tu pourras la faire pouliner, achète un hongre son tempérament est plus stable. Achète celui-ci ! Achète celui-là ! Bref, me voici bien renseigné, mais pas plus avancé. Parce que maintenant, je ne sais plus quoi acheter et encore moins qui ! Car, imaginez-vous donc, ces gens connaissent tous de bons chevaux à vendre. Des chevaux de gymkhana, des chevaux de performance, des chevaux de ropping, de reining, de trail, d’attelage, de saut, de dressage, de licou et j’en passe. J’en demandais pas tant moi! Ce que je veux, c’est juste un cheval.
Avec tout mon nouveau savoir, je me lance enfin à la recherche du cheval idéal. Un bon matin en lisant mon journal, je tombe sur une petite annonce qui dit : «Cheval à vendre, beau, bon, pas cher». Voilà ce qu’il me faut ! J’appelle et sans tarder, je saute dans ma voiture. C’est un peu loin, mais la distance n’a pas d’importance lorsqu’il s’agit de trouver le cheval de ses rêves. Après plusieurs heures de route me voici enfin arrivé. Un homme vient à ma rencontre. Je suis tellement excité que j’en oublie les usages. Avant même de me présenter, je m’empresse de lui crier à l’autre bout du terrain : «je viens voir le cheval à vendre, il est où ?». Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’il pointa du doigt un petit cheval poilu qui avait l’air d’avoir cent ans. Un peu déçu, je décide de l’essayer quand même, on ne sait jamais ! À la monte, il ne bouge pas du tout. Ça commence bien ! Par contre, il ne veut pas bouger non plus lorsque je lui demande le pas ou le trot. Quant au galop… jamais réussi à le faire partir ! Bien sûr, il y a certains avantages, car à cette hauteur et à cette vitesse, je ne risque pas de me faire bien mal si je tombe. Finalement, j’ai dit au vendeur que j’allais y penser et je suis reparti au plus vite.
Pendant des semaines j’ai poursuivi mes recherches. J’en ai vu qui étaient presque parfaits, ils étaient beaux et bon, pure race avec pedigree à l’appui. Le seul hic, pas assez de sous dans mon cochon ! Puis il y en avaient d’autres qui étaient beaux et pas trop cher. Mais là aussi il y a un hic ! Avec eux ce n’était pas de la balade, ça ressemblait plutôt à de la cascade. En paddock j’avais l’air d’une balle de ping-pong, alors imaginez un peu en trail!
Finalement, un ami arrive un jour en me disant qu’à son écurie il y avait un cheval à vendre et que son propriétaire qui se voyait obligé de s’en départir cherchait un acheteur qui en prendrait bien soin. Cet ami m’assure qu’il s’agit d’un cheval ¨full¨ gentil, pas pire et en bonne santé. Mais je sais maintenant que ce qui est ¨full¨ gentil et ¨full¨ bon pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Déterminé à trouver, je décide d’aller voir. Le lendemain, j’arrive à l’écurie accompagné de mon ami. Nous rencontrons le propriétaire qui nous présente fièrement son cheval. C’est un pas pire cheval sorel, comme il y en a partout, mais chez lui, je remarque un regard plein de douceur.
«Il est curieux et espiègle, mais c’est un cheval tout à fait calme et amical» m’assure le vendeur. Voyons voir ça ! Bien sûr je demande au vendeur de le monter en premier, histoire de savoir dans quoi et sur quoi j’embarque. Pas, trot, galop, tourne ici, tourne là et arrête. Encore une fois, ça parait facile. Habituellement c’est quand vient mon tour que ça se complique. Démonstration faite, c’est un cheval ¨full¨ gentil (pour lui). Voyons voir ce qu’il en sera pour moi ! Pas, trot, trot, TROT…. galop, tourne ici (j’ai dit ici) et tourne là. Oh bien sûr, il y a bien quelques hésitations, mais dans l’ensemble tout va bien et surtout, je me sens bien et en confiance sur ce cheval. Au fond de moi, je sens que nous nous entendrons bien et que nous formerons une bonne équipe. Le voici, le voilà! C’est lui mon bon cheval, je l’ai enfin trouvé. Bien sur, ce n’est pas le plus beau ni le plus grand, mais c’est le plus gentil, et pour moi, d’entre tous ceux que j’ai vus, c’est lui le meilleur.
Je n’ai jamais eu à regretter ce choix, car depuis ce jour, Tigalo et moi nous formons la paire. Ensemble nous avons traversé les années. Nous avons vécu mille et une aventures et encore bien d’autres nous attendent.
Mais ça, c’est une autre histoire… !
Sylviane Gagné
Club des Cavaliers de Ste-Catherine
Septembre 2011
Une place parmi nous!
Il fut un temps pas si lointain où le cheval était roi. Bien que son histoire ait marqué l’univers et que ses origines se perdent à travers les âges, il n’a fallu que quelques décennies pour que son règne utilitaire s’achève. Tout d’abord cheval sauvage, il a été la proie de l’homme. Plus tard, attelé ou monté il devient une véritable machine de guerre aidant l’homme à conquérir et fonder de vastes empires et ce, trop souvent au prix de sa vie. Il devient par la suite transport et compagnon de travail du paysan. Attelé à la charrue, il défrichera la terre pour lui donner vie. À cette époque, il fait partie intégrante du quotidien de l’homme et leurs destins sont étroitement liés. De nos jours, certains ont encore la chance d’avoir des souvenirs de cette époque. Doux souvenirs que sont ceux du cheval du laitier s’arrêtant à chaque porte avant même qu’on le lui demande, des chevaux de labours qui vaillamment travaillaient dans les champs ou bien du cheval attelé sur la belle voiture du dimanche pour se rendre à l’église. Maintenant remplacé par la machine, ce magnifique animal mérite encore une place parmi nous. Que ce soit comme compagnon de loisirs ou comme partenaire de compétition et même comme thérapeute pour les enfants handicapés ou en difficulté, encore, maintenant et toujours, le cheval enrichit la vie de l’homme.
Plusieurs d’entre nous membres du Club des Cavaliers de Ste-Catherine peuvent témoigner de ce fait. Certains vous diront qu’une balade à cheval est le meilleur remède au stress et à la fatigue d’une dure journée, d’autres vous diront que les tracas et les peines s’apaisent au contact de leur fidèle compagnon et tous vous affirmeront qu’il n’est de plus agréable façon de se tenir en forme et de se garder en santé.
L’équitation est un sport bénéfique non seulement pour le corps, mais aussi pour l’esprit. À ses adeptes, l’équitation enseigne la patience, la persévérance et le respect autant envers l’animal qu’envers autrui. Nous croyons que dans un monde où tout va à la vitesse de la machine et des ordinateurs, il importe de préserver et promouvoir à travers notre sport ces valeurs que nous croyons toujours actuelles.
Depuis plus de 25 ans, le Club des Cavaliers de Ste-Catherine déploie énergie et ressources afin de préserver et maintenir l’existence et l’attrait du ¨secteur équestre¨, ce petit coin de Ste-Catherine-de-la-Jacques-Cartier où l’harmonie et le respect sont omniprésents. Au fil des ans, des bénévoles armés de passion ont su protéger et sauvegarder ce milieu dont nous sommes tous riches. Nous souhaitons ardemment que les générations futures puissent hériter et profiter de ce même privilège grâce à la persévérance des bénévoles à venir, à la généreuse collaboration des propriétaires terriens et à la volonté de chacun d’entre nous de garder une place pour celui qui fut autrefois l’instrument du bâtisseur de Sainte-Catherine-de-Fossambault.
Le Club des Cavaliers de Ste-Catherine profite de l’occasion pour remercier sincèrement tous les conducteurs de véhicules routiers et récréatifs, de même que tous les piétons et cyclistes pour la prudence et la courtoisie dont ils font preuve lors du passage des chevaux. Ce geste qui assure la sécurité de tous est grandement apprécié, croyez-le bien!
Chevalement vôtre!
Sylviane Gagné
Club des Cavaliers de Ste-Catherine